Face Ă la DĂ©nutrition et Ă la SarcopĂ©nie, la stratĂ©gie s’apparente Ă la prĂ©paration d’un vol de faucon : observation prĂ©cise du terrain, choix du bon appĂąt et timing impeccable. đŠ đ©ș
Stratégies nutritionnelles contre la Sarcopénie et la Dénutrition chez les Seniors
La perte de masse musculaire liĂ©e Ă l’Ăąge peut atteindre prĂšs de 40âŻ% entre 20 et 80 ans, favorisant la fonte musculaire, les chutes et la dĂ©pendance. Les services hospitaliers rapportent une prĂ©valence de DĂ©nutrition allant de 30âŻ% Ă 78âŻ% Ă l’admission, ce qui aggrave la sarcopĂ©nie et la morbiditĂ©.
La prĂ©vention repose sur deux leviers complĂ©mentaires : une Nutrition ciblĂ©e et une ActivitĂ© physique adaptĂ©e, intĂ©grĂ©es Ă un parcours de RĂ©habilitation multidisciplinaire. âš

Mécanismes clés : résistance anabolique et séquestration splanchnique
La sarcopĂ©nie combine une anabolie rĂ©duite (synthĂšse protĂ©ique moindre) et une rĂ©sistance anabolique aux apports alimentaires. Avec l’Ăąge, l’aire splanchnique extrait davantage les acides aminĂ©s alimentaires, rĂ©duisant leur disponibilitĂ© pĂ©riphĂ©rique postprandiale et limitant l’activation de la synthĂšse musculaire.
La vitesse de digestion des protéines et le moment des apports influencent directement cette biodisponibilité : choisir des protéines rapides ou adapter le rythme des repas permet de contourner la séquestration. Insight : cibler la disponibilité périphérique en acides aminés est aussi important que la quantité totale ingérée.
Quantité et qualité : combien de Protéines et pourquoi la Leucine compte
Les recommandations traditionnelles de 0,8âŻg/kg/j ne protĂšgent pas les personnes ĂągĂ©es sarcopĂ©niques. Les autoritĂ©s prĂ©conisent un apport de 1,2 Ă 1,5âŻg/kg/j, pouvant atteindre 2âŻg/kg/j en contexte aigu (hospitalisation, fracture). đ§Ș
La leucine agit comme un dĂ©clencheur de la voie mTOR et relance la synthĂšse protĂ©ique ; une cible pratique est de fournir 2â3âŻg de leucine par prise. Pour approfondir le rĂŽle de la leucine dans la synthĂšse protĂ©ique chez le senior, consulter leucine et synthĂšse protĂ©ique chez le senior. Insight : viser un apport protĂ©ique Ă©levĂ© et des sources riches en leucine maximise la rĂ©ponse anabolique.
Chrononutrition protéique : principe du régime protéique pulsé
Le modĂšle « protĂ©ine-pulsĂ© » concentre une part significative des protĂ©ines quotidiennes dans un repas, favorisant un seuil d’acides aminĂ©s suffisant pour stimuler la synthĂšse musculaire. Des Ă©tudes pilotes en EHPAD ont montrĂ© des gains de masse maigre avec ce schĂ©ma.
ConcrĂštement, viser au moins 25â35âŻg de protĂ©ines au repas principal (souvent le dĂ©jeuner) permet de surmonter la sĂ©questration splanchnique et d’optimiser la synthĂšse postprandiale. Insight : la rĂ©partition des protĂ©ines est une arme clinique souvent nĂ©gligĂ©e mais puissante.
Mise en Ćuvre en restauration collective et Ă domicile
Adapter les menus passe par le choix d’ingrĂ©dients Ă haute valeur biologique, l’enrichissement des plats et la prĂ©servation de l’appĂ©tence. L’enrichissement naturel (lait en poudre, blanc d’Ćuf, fromage rĂąpĂ©) permet d’augmenter la densitĂ© protĂ©ique sans imposer un CNO liquide.
Un projet a mĂȘme enrichi le pain, montrant des effets comparables aux complĂ©ments oraux hyperprotĂ©inĂ©s chez des sujets hospitalisĂ©s. Pour suivre l’Ă©volution de la masse maigre et des rĂ©serves azotĂ©es, le bilan azote et masse maigre constitue un indicateur utile. Insight : l’enrichissement culinaire est praticable et acceptable si l’appĂ©tence est prĂ©servĂ©e.
Supplémentation, Activité physique et Réhabilitation : la trilogie
Les complĂ©ments riches en whey et en leucine peuvent complĂ©ter l’alimentation lorsque les apports restent insuffisants, mais l’acceptabilitĂ© demeure un obstacle. L’association d’une supplĂ©mentation ciblĂ©e et d’un entraĂźnement de rĂ©sistance demeure la stratĂ©gie la plus robuste pour restaurer la force.
ParallĂšlement, surveiller les marqueurs d’inflammation comme la protĂ©ine CârĂ©active aide Ă ajuster la prise en charge : une inflammation persistante module la rĂ©ponse anabolique. Pour comprendre l’intĂ©rĂȘt du dosage de la protĂ©ine CârĂ©active, voir protĂ©ine CârĂ©active et suivi. Insight : sans exercice, la protĂ©ine nourrit peu la fonction ; combiner les deux multiplie les bĂ©nĂ©fices.
Suivi pragmatique et Prévention au quotidien
Un suivi simple repose sur la pesĂ©e rĂ©guliĂšre, le score MNA, la circonfĂ©rence du mollet et, si possible, l’impĂ©dancemĂ©trie ou le test de prĂ©hension. Ces outils permettent de dĂ©tecter prĂ©cocement la dĂ©nutrition et d’ajuster l’apport protĂ©ique et Ă©nergĂ©tique.
L’interdisciplinaritĂ© (mĂ©decin, diĂ©tĂ©ticien, soignant, restauration, Ă©quipe de rééducation) est indispensable pour transformer la stratĂ©gie en actes opĂ©rationnels. Insight : des mesures simples et partagĂ©es prĂ©viennent la progression de la sarcopĂ©nie.
Le geste pratique â Le geste de Juliette
PrivilĂ©gier pour chaque senior un repas principal apportant â„30âŻg de protĂ©ines, complĂ©ter si besoin par une collation enrichie apportant 10â15âŻg, et coupler systĂ©matiquement ceci Ă deux sĂ©ances hebdomadaires de renforcement progressif. đŠ
Mettre en place une fiche de suivi avec poids, appĂ©tit, MNA et un objectif protĂ©ique quotidien (ex. 1,4âŻg/kg/j) facilite le passage de la thĂ©orie Ă la pratique. Insight final : un geste simple, rĂ©pĂ©table et mesurable protĂšge la force et l’autonomie.