Diagnostic mĂ©canique : dans l’effort d’ultra-distance, le corps se transforme en une montre complexe oĂč chaque rouage doit ĂȘtre lubrifiĂ© par le bon carburant. L’entrĂ©e en cĂ©tose modifie la synchronisation des substrats et demande un rĂ©glage fin des chaĂźnes Ă©nergĂ©tiques pour prĂ©server la rĂ©sistance et retarder la fatigue musculaire đ©șâ.
CĂ©tose et endurance : physiologie des corps cĂ©toniques en situation d’ultra-distance
Les corps cĂ©toniques produits par le foie â acĂ©toacĂ©tate, 3âÎČâhydroxybutyrate et acĂ©tone â servent de vecteurs hydrosolubles de l’Ă©nergie issue des acides gras. En mĂ©tabolisme basal postâprandial, la cĂ©tonĂ©mie est proche de 0,01 mM ; aprĂšs 12â15 heures de jeĂ»ne elle monte Ă 0,1â0,5 mM et, si le jeĂ»ne se prolonge, peut dĂ©passer 2 mM.
Pour un coureur d’ultra, ces molĂ©cules deviennent une source d’utilisation Ă©nergĂ©tique alternative lorsque les rĂ©serves de glycogĂšne s’amenuisent. Elles sont particuliĂšrement importantes pour le cĆur et le cerveau, mais aussi pour les fibres musculaires oxydatives lors d’efforts prolongĂ©s. Insight : la cĂ©tose transforme la rĂ©partition Ă©nergĂ©tique sans remplacer automatiquement le besoin de glucides pour les variations d’intensitĂ©.

CĂ©togenĂšse et cĂ©tolyse : comment le foie rĂšgle la transmission d’Ă©nergie
La cĂ©togenĂšse a lieu dans les mitochondries hĂ©patiques Ă partir d’AcĂ©tylâCoA issu de la ÎČâoxydation. La cĂ©tolyse â l’oxydation des cĂ©tones dans les tissus pĂ©riphĂ©riques â dĂ©pend de la cĂ©tonĂ©mie et de l’expression des transporteurs et enzymes mitochondriales.
L’insuline reste le rĂ©gulateur principal : son absence (ex. diabĂšte de type 1 non Ă©quilibrĂ©) entraĂźne une cĂ©togenĂšse excessivement Ă©levĂ©e et le risque d’acidocĂ©tose. Chez l’athlĂšte adaptĂ©, la production et l’utilisation sont finement coordonnĂ©es pour maintenir l’homĂ©ostasie. Insight : penser en termes d’engrenages hĂ©patiques et pĂ©riphĂ©riques permet d’anticiper quand la chaĂźne risque de dĂ©railler.
Adaptation métabolique en ultra-distance : timing, rendement et gestion de la fatigue musculaire
L’adaptation mĂ©tabolique Ă un Ă©tat cĂ©tonique n’est pas immĂ©diate : une entrĂ©e rapide en cĂ©tose nutritionnelle prend classiquement 2â4 jours, mais l’adaptation complĂšte des voies enzymatiques et de la performance demande plusieurs semaines. Durant cette phase, certains athlĂštes ressentent une baisse de puissance sur efforts courts, avec une amĂ©lioration progressive de la stabilitĂ© Ă©nergĂ©tique.
Sur ultra-distance, la cĂ©tose permet souvent une sensation d’effort plus rĂ©guliĂšre et une moindre fluctuation glycĂ©mique, utile pour la rĂ©sistance sur plusieurs dizaines d’heures. Cependant, la capacitĂ© d’utilisation Ă©nergĂ©tique des muscles est limitĂ©e : auâdelĂ d’un certain niveau de cĂ©tonĂ©mie l’augmentation d’utilisation ne progresse pas indĂ©finiment. Insight : prĂ©voir un plan d’adaptation progressif et respecter la fenĂȘtre temporelle d’entraĂźnement spĂ©cifique.
Impact sur la mitochondrie et le rendement énergétique musculaire
Les cĂ©tones sont directement oxydĂ©es dans les mitochondries et peuvent modifier le rapport ATP/O2 dans certaines conditions, influant sur l’efficience Ă©nergĂ©tique. Elles peuvent aussi Ă©pargner le glycogĂšne musculaire et retarder l’apparition de la fatigue liĂ©e Ă l’Ă©puisement glucidique.
Il ne s’agit pas d’une panacĂ©e : l’absorption tissulaire des cĂ©tones dĂ©pend de la cĂ©tonĂ©mie, du dĂ©bit sanguin musculaire et de l’expression enzymatique. Chez le coureur fictif Mathieu â 38 ans, spĂ©cialisĂ© en ultra â l’intĂ©rĂȘt principal fut une rĂ©duction des « creux Ă©nergĂ©tiques » aprĂšs 10 heures de course mais pas d’amĂ©lioration de la vitesse sur segments courts. Insight : les cĂ©tones favorisent l’endurance stable, pas nĂ©cessairement la performance Ă haute intensitĂ©.
StratĂ©gies pratiques pour l’ultra : nutrition sportive, hydratation et monitoring
La nutrition sportive autour de la cĂ©tose exige un Ă©quilibre prĂ©cis : couvrir les besoins en lipides de qualitĂ© tout en conservant des apports protĂ©iques suffisants. L’hydratation doit ĂȘtre augmentĂ©e (â2,5 L/jour de base, majorĂ©e lors d’effort) et la supplĂ©mentation en Ă©lectrolytes planifiĂ©e pour compenser les pertes urinaires accrues en phase cĂ©to.
Pour les athlĂštes qui utilisent des cĂ©tones exogĂšnes, le timing et le dosage doivent ĂȘtre testĂ©s Ă l’entraĂźnement afin d’Ă©viter des perturbations acidoâbasiques ou gastroâintestinaux pendant la course. Le suivi par lecteur capillaire de cĂ©tones offre une information utile pour ajuster la stratĂ©gie en temps rĂ©el. Insight : tester et rĂ©pĂ©ter en entraĂźnement vaut mieux que l’improvisation en course.
Surveillance médicale et limites : quand la cétose devient danger
DiffĂ©rencier la cĂ©tose physiologique de la cĂ©toacidose pathologique est crucial. Les signes d’alerte â vomissements persistants, respiration de Kussmaul, confusion ou dĂ©shydratation sĂ©vĂšre â nĂ©cessitent une prise en charge urgente. La mesure capillaire du 3âÎČâhydroxybutyrate est aujourd’hui l’outil de rĂ©fĂ©rence pour le diagnostic rapide.
Chez les sujets Ă risque (antĂ©cĂ©dent de diabĂšte, traitement mĂ©dicamenteux particulier, Ăąge avancĂ©), l’encadrement mĂ©dical et l’Ă©ducation thĂ©rapeutique sont indispensables. Insight : la surveillance transforme une stratĂ©gie potentiellement utile en pratique sĂ»re et reproductible.
Le Réglage de Guillaume
Posture de course (rĂ©glage millimĂ©trique) : adoptez une inclinaison du tronc de 4° depuis la cheville, bassin en position neutre (pas d’antĂ©version forcĂ©e) et une cadence ciblĂ©e entre 170â180 pas/min. Cette gĂ©omĂ©trie rĂ©duit le freinage excentrique et Ă©conomise le glycogĂšne, amĂ©liorant la rĂ©sistance sur longues heures.
Hydratation et Ă©lectrolytes : prendre une petite gorgĂ©e toutes les 12â20 minutes et un comprimĂ© d’Ă©lectrolytes contenant sodium et potassium toutes les 60â90 minutes selon la sudation. ContrĂŽlez la cĂ©tonĂ©mie capillaire au dĂ©part et Ă miâcourse ; ajustez l’apport glucidique si la puissance chute de façon prolongĂ©e.
Respiration et cadence respiratoire : synchroniser l’inspiration sur 2 pas et l’expiration sur 2 pas (rythme 2:2) permet une ventilation efficace sans alourdir le tronc, prĂ©servant la dynamique des « rouages » respiratoires đŠŽâïž.
Insight final : ce rĂ©glage combine un positionnement biomĂ©canique prĂ©cis avec une stratĂ©gie de carburant testĂ©e Ă l’entraĂźnement â le petit rĂ©glage d’horloger qui fait la diffĂ©rence sur une course de 12+ heures â.